Premier Gaou* à Livresque 7

Comme un Gaou. Je suis arrivé. Sans livre. Mais avec le sourire. Un peu honteux, car il fallait apporter un livre à offrir ou à échanger. C’est le principe de base pour les habitués de ce rendez-vous du livre. Livresque, j’en avais entendu parler. J’avais lu les comptes-rendus et les photos des dernières éditions. Et puis, heureuse coïncidence de calendrier, m’y voilà. Ce dimanche 31 août 2014. Assis au premier rang dans cette salle, où les retardataires étaient obligés de rester dehors. Il n’y avait plus de places.

A l’heure !

C’est dans l’ordre normal des choses. Mais dans notre contexte il est bon de le souligner et de l’encourager. 16 heures 05. Comme indiqué dans le programme, Yehni Djidji, l’organisatrice, dit son mot de bienvenue en présentant le programme, les invités (qui à ce moment ne sont pas encore là) et remerciant « ceux qui ont fait au moins une édition de Livresque ». « Merci d’être revenus, ça veut dire que ça vous a plût » se réjouit la blogueuse et écrivaine.

Lire, jouer, apprendre …

Ça m’a rappelé de bons souvenirs. « Lecture suivie » au collège. Tour à tour les participants ont lu quelques paragraphes du livre  « Instant d’hésitation » de Inza BAMBA, l’auteur invité du jour.  J’ai trouvé que c’était un bon exercice pour ceux qui ont du mal à s’exprimer en public.

Après quelques minutes de lecture, place aux jeux. « Je vous donne quelques indices et vous me trouvez le nom de l’auteur ». Le jeu va très vite s’arrêter. Les participants ont presque toutes les réponses. « On va penser à corser pour la prochaine fois » rigole Yehni.  Même constat pour les charades. Les réponses arrivent très vite. Parfois avant même la fin des indices. Même dans cet intervalle jeu, on n’oublie pas le livre. On le sort et on le sert pour récompenser ceux qui trouvent les bonnes réponses.

Le bonheur selon « Inza BAMBA ».

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Je ne le connaissais pas avant ce jour. Je ne l’avais jamais vu. Je ne l’avais jamais lu. Ce monsieur fin de taille, aux verbes aiguisés. Inza Bamba a donné à lire « Le Bonheur est une métaphore ». Son troisième livre. « Le livre de la maturité » soutient-il. « Nous avons fait en sorte qu’il soit difficilement attaquable (…) même si on sait qu’en fait, nos lecteurs sont plus intelligents que nous » reconnait avec humour le professeur de lettre.

Puis vient le débat sur la prédestination (ou non) d’un écrivain, sur le bonheur… Et quand on lui demande : « c’est quoi le bonheur pour vous ? »… il a presqu’envie de répondre : « une métaphore ». L’auteur fait remarquer que cet idéal difficile à atteindre, certains le recherche dans l’argent. Dans la richesse. « Pourtant vous verrez des personnes immensément riches mais qui souffrent ». « D’autres recherchent le bonheur dans les femmes. Le bonheur pour ces personnes c’est une femme qui est à leur petit soin et qui fait tout pour les rendre heureux. Cela ne les empêche pas de regarder ailleurs ».

Du livre au Live !

Mon côté musicien a été pleinement satisfait avec la prestation de Kajeem, talentueux artiste chanteur et rappeur. Un puis deux chansons. On en redemande. C’est cadeau de toute façon. Les participants chantent en chœur avec lui le titre « accusé à tort ». Que de souvenirs contenus dans cette chanson. Que d’émotions données par Kajeem de sa voix grave qu’accompagne en sourdine une guitare acoustique.  Et puis j’ai fait la découverte d’un Slameur. J’ai cru entendre « Grand Corps Malade » avec un accent ivoirien. Il s’appelle Khalil Kamara.

Après la musique, place à la bouffe. « Un plat pour deux ! ». C’est suffisant. L’assiette est bien garnie. Alloco, poulet pané et boisson. On mange en parlant. En discutant. C’est l’instant choisi pour distribuer les livres. Chacun de ceux qui ont apporté un livre repartent avec le livre d’un autre.

Mon avis

C’était l’évènement littéraire à ne pas rater. Organisation impeccable. Tout y était. De la bonne humeur.  Des invités de qualité et un programme alléchant.

Note : 18/20

*Un gaou : quelqu’un qui est démodé (Nouchi, argot ivoirien). 






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