Policier jusqu’au bout

« Bonjour monsieur. Veuillez me donner les pièces du véhicule s’il vous plait », lance d’une voix grave et menaçante le policier à l’endroit du chauffeur de taxi compteur. Cheveux coiffés à ras. Cravate noire impeccablement bien nouée sur sa chemise bleue ciel près-du-corps. Les deux clients du taxi sont agréablement surpris par l’uniforme correct du « Sergent ». La main tendue à l’endroit du chauffeur de taxi, le policier s’impatiente derrière ses lunettes noires.

Le chauffeur est conscient de son erreur. Il vient de passer le feu rouge au croisement de la route du Lycée Technique et de la grande voie qui mène au « Carrefour de la vie ».  Il feint de chercher les pièces de la voiture. Tire sa boite à sous et sort un billet de 500 francs flambant neuf. « Chef pardon ! » dit-il en tendant discrètement l’argent. Le corps habillé s’emporte : « j’ai demandé tes pièces pas ton argent. Ça ne va pas non ? ». Le taximan qui ne s’attendait certainement pas à cette réponse ne peut cacher sa surprise. Il écarquille les yeux et jette un coup d’œil à l’endroit de ses deux clients qui ont suivi toute la scène. Les passagers eux, se félicitent de rencontrer un policier honnête . « C’est la première fois que je vois un policier qui refuse de prendre l’argent » lance à haute voix l’un d’eux. Il vient d’enfoncer le clou.

Le conducteur du véhicule n’a plus le choix. Il doit se résoudre à remettre « les papiers du véhicule ».  Mais il n’en a pas. « Chef, c’est mon permis seulement qui est là ! » supplie t-il. « Donne alors ! » rétorque le policier en lui signifiant que c’est « une double infraction». Et donc une double contravention.  « Tu mérites la fourrière en plus », prévient l’agent des Forces de l’ordre. Il récupère le permis du taximan et s’éloigne du véhicule pour signer le « papillon ».  Le chauffeur a l’air assommé. « Je vais lui donner (de) l’argent cadeau comme-ça !» murmure t-il désespéré. Il descend de son véhicule et fait une autre tentative avec son billet de 500 francs. Se disant certainement que, loin des passagers, les choses pourraient « s’arranger ».

Dans le rétroviseur du taxi, les autres occupants peuvent apercevoir le policier visiblement énervé, refusant d’être acheté et menaçant du doigt son interlocuteur.  Le chauffeur remue la tête, et des deux mains se saisit les hanches. Cette fois, il va devoir payer. Il retourne à son véhicule suivi du policier. Saisit un billet de 1000 francs et le glisse subtilement à l’agent de sécurité. Ce dernier prend le pécule et le met rapidement dans la poche de son pantalon, puis rend le permis du chauffeur en lui lançant : « Tu connais les choses et puis tu fais exprès ! ».

Crédit photo – http://iciela.mondoblog.org/






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