Mon histoire horlogère avec Cartier

Je ne suis pas de ce monde-là. Celui de l’horlogerie encore moins celui du luxe. J’ai mes raisons. La première est que ce n’est pas dans ma culture. Une montre en main ? Elle (me) sert à lire l’heure. Rien de plus. Et puis, je ne suis pas branché marques (de luxe, surtout).  J’ai grandi loin de ce milieu que je ne vois qu’à la télévision sans envier les personnes qui le fréquentent.

Pourtant, j’ai eu le privilège, il y a quelques temps, d’être invité à un atelier de formation Cartier initié par la « Maison Yuxe ». Une boutique (et bien plus encore) qui vient d’ouvrir à Abidjan (au Sofitel Hôtel Ivoire). Objectif de ces 3 jours de formation : Comprendre la marque Cartier.

Tout commence par une histoire familiale en 1853. Celle d’un père (Alfred Cartier) qui transmet sa passion à ses 3 fils. Louis. Pierre. Jacques. Qui à leur tour vont conquérir le monde entier. C’est aussi l’histoire d’une amitié. Entre deux hommes que tout éloigne. La profession et la localisation.

En 1904, un des fils horloger (Louis Cartier) fait la rencontre d’un pilote brésilien de Demoiselle : Alberto Santos Dumont. Ce dernier souhaite regarder l’heure en pilotant. Va naître les Tank. A Bracelet. Loin des Gousset (montre de poche). Les collections vont se succéder sans se ressembler.  Ballon Bleu, Santos, La Doña, Pasha, Roadster… et la Clé de Cartier. Nouveau né de la maison.

De l’art et du luxe…

cléDans ce milieu que je découvre durant cette formation, les mots riment avec Or (gris, rose et blanc), diamant, Saphir… On est transposé sur une autre planète perlée de métaux. Argent. Cuire. Acier. Quartz… C’est un univers de bourgeoisie occidentale (oui. Ça fait clicher. Je l’avoue).

Le profane que je suis, observe les modèles. Parfois classiques souvent orignaux ou même atypiques. Et puis dans ma tête il y a ce blocage. Je me dis dans mon for intérieur : « Acheter une montrer à des milliers voire des millions de francs, ça fait un peu cher payé pour regarder l’heure ».

Sauf que…  ce n’est pas une question de prix. Ce n’est même pas qu’une question de montre ou d’une marque. C’est de l’inspiration. Hommage à Carole Forestier. Icône en la matière. Créatrice de mouvements. Elle dessine crayon et papier en main, lunette ajustée au bout du nez, les modèles uniques qui traversent le temps.

Et puis dans la Watch Valley, en Suisse, il y a ces 1500 employés qui chacun à leur tour (en fonction de leurs métiers) vont modeler et fabriquer les pièces. Polir, peaufiner, habiller, faire briller, faire rêver.

 Faire « accoucher » une montre est un travail de longue haleine. Des mois voire des années parfois. 2, 3 ou 5 ans à passer chaque compartiment de la montre au microscope. Au feu. A l’eau. A la scie.

Le squelette. Le cadre. Le joint. La complication. La signature. La Couronne. Les aiguilles. Le pont. Mais surtout le Mouvement. (Depuis 2009,  Cartier fabrique ses propres mouvements. Appelés « 1904 ». Que vous retrouvez aussi dans la « MC » sortir en 2013. Du 100% Cartier).

A un certain moment, la Haute-Joaillerie rencontre l’horlogerie. Sur des collections limitées.

33% d’inspiration. 33% de transpiration. 33% d’innovation et 1% d’une inconnue qui donne au bijou Cartier ce côté à la fois magique et mystérieux.

Finalement, une montre Cartier, ce n’est pas qu’une montre. C’est un château de merveilles, concentré dans un bijou. Toute une histoire, des générations de savoir-faire qui  (dé)filent au fil des aiguilles.

C’est drôle, je ne regarde plus une montre comme avant. Quelle qu’elle soit. Ordinaire ou de Luxe. C’est n’est pas une question de prix. C’est de l’art tout simplement. De la minutie. Et cela n’a que de la valeur.

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