Merci pour ces moments « Mademoiselle Diomandé »

La 20e journée mondiale des enseignants #wtd2014 sera célébrée le 5 octobre prochain. Une belle occasion de rendre hommage à ces femmes et ces hommes qui travaillent parfois dans des conditions difficiles et dont l’apport n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. Je garde toujours en mémoire celle qui m’a incité à écrire. Ma prof de français de 4e.

« Mademoiselle Diomandé ». C’est ainsi qu’elle voulait qu’on l’appelle. Je la revois  encore. Avec la paire de lunette arrondie à laquelle il manquait un bras. Petite de taille, teint noir. Elle paraissait jeune. Trop jeune même pour une « Prof » de français. J’avais été habitué à les voir beaucoup plus mure avec un air autoritaire, mais surtout à les appeler « Madame ». « Mademoiselle Diomandé » était différente. Elle était simple. Elle nous parlait avec le sourire. J’étais en 4e A. Au cours secondaire protestant de Daloa.

« Mademoiselle Diomandé » était décomplexée dans sa pédagogie. C’était son premier poste. Nous le savions. Elle faisait en sorte que nous nous éclations à son cours. « Taisez-vous » ! Criait-elle de sa petite voix. Cela nous arrachait toujours un rire. Chez elle, il n’y avait pas de « nul ». Juste des personnes qui n’avaient pas encore bien compris. Même les tricheurs pris en flagrant délit avaient droit à « une seconde chance ». Nous l’admirions. Je l’admirais.

La première partie du cours consistait à faire une « suite de texte ». « Faites appel à votre imagination. Mais surtout à votre sens de la description. Racontez-moi. Faites parler les couleurs, faites entendre vos personnages », lançait de sa voix fluette la jeune professeure. J’étais captivé. Raconter. Décrire. J’adorais cet exercice. Et « Mademoiselle Diomandé » m’y encourageait. « 16/20. 15/20 ». Mes notes gravitaient dans cet environnement-là. J’avais compris. Mes copies en français servaient d’exemple. Le cours de français était celui que je ne pouvais manquer. « Tu ferais un bon écrivain ou un bon journaliste », m’avait-elle lancé alors que nous corrigions un « devoir de français ». 18 ans après. Je la recherche toujours. Quelqu’un m’a soufflé qu’elle est encore à Daloa. Je la verrai et je lui dirai : « Merci pour ce moment ».

[Saviez-vous qu’il y a un concours #MerciProf pour rendre hommage à un enseignant qui vous a marqué ? Les meilleurs textes seront publiés et récompensés. C’est ici. ]

Réagir

Réactions