Journalisme : au nom de la liberté et de notre crédibilité

Le lundi 10 juillet 2017, j’ai eu l’honneur d’animer une conférence en compagnie de confrères Rémy Césaire Tshamala, du Congo, et Mariama Diallo, du Niger. C’était à l’occasion de la 8e session du parlement francophone des Jeunes à Luxembourg. Thème : Journalisme et liberté d’expression dans les pays en crise. Nous avons présenté l’environnement des médias et les conditions de vie des journalistes dans nos différents pays. Redex*.

J’ai indiqué deux types de pression sur les journalistes dans nos pays. D’abord, la pression visible et physique. Celle qui consiste à menacer les hommes de médias, à les intimider, à les mettre en prison ou à leur ôter la vie.

Et puis, il y a la pression douce et sournoise. On en parle le moins, mais c’est la plus populaire. Elle consiste à faire taire le journaliste au moyen de billets de banque ou autre avantage en nature.

Nous nous sommes accordés à dire, et nous le pensons fortement, que la plus grosse inquiétude à avoir en matière de liberté de la presse n’est pas la prison, les menaces ou les intimidations. C’est plutôt la mort de notre crédibilité.

La liberté de parler (d’écrire ou de produire) n’est plus une liberté si elle est dictée, orientée, conditionnée par une « poche extérieure ».

Ce que nous devons craindre, c’est de ne plus être libre de dire ce que nous pensons exactement. Parce qu’on nous aura muselés au moyen de billets de banque. En tant que journaliste, si nous voulons une liberté d’expression, faisons nous-mêmes des efforts pour qu’elle soit totale. Sans tâche et sans ride.

Parce qu’en réalité, la mort de notre intelligence et de notre crédibilité est la plus cruelle des prisons.

*Redex : Retour d’expérience.

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