Ecole primaire Douèpleu : apprendre sous les hangars

Lieupleu. Petit village dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. En le traversant, mon regard est attiré par un mat en bambou sur lequel flotte un drapeau : Orange blanc vert. Un peu plus loin, 6 hangars se dressent fièrement. Recouverts de pailles et d’un grand sachet plastique noir qui sert de toiture. C’est l’école primaire publique (EPP) Douèpleu.

 « Bonjour monsieur, bienvenue au CE1 », lancent en chœur des élèves debout les bras croisés. Les uns en face des autres. Ils sont heureux de ces visiteurs inhabituels.

L’intérieur de cette classe peu ordinaire est joliment décoré de guirlandes faites en papier. Au fond, non loin de la « table du maître » un tableau noir sur lequel est inscrit l’état de présence des élèves. « Effectif 24. 11 garçons, 13 filles, 22 présents, 2 absents ». Au centre du tableau un exercice de multiplication est surplombé par la date.

Les élèves doivent se dépêcher de faire l’exercice car bientôt le soleil va se coucher et il fera sombre. « Ici, il n’y a pas d’électricité, ni d’eau courante. La broussaille qui jouxte les classes de fortune, sert pour les besoins des élèves et des enseignants. 6 instituteurs en tout », explique indique M. Loua. Il s’occupe de la classe de CE1. « Nous sommes 4 permanents et 2 vacataires. Aujourd’hui, je remplace le maître du CM2 qui n’a pu venir », précise l’instituteur. Il est permanent et a été affecté depuis à peine un an. L’école, elle existe depuis 2013.

La vie est dure. « Très dure », soupire l’instituteur, vêtu d’un jean et d’un tee-shirt. Au fur à mesure qu’il explique son quotidien, il tapote le sol avec le bâton qui lui sert pour lire au tableau. « En période de pluie, on peut se retrouver les pieds dans l’eau ou dans la boue » raconte-t-il. Mais rien n’altère sa détermination. « C’est une passion. J’aime enseigner et c’est pour cela que je me suis engagé. Alors que ce soit ici au village ou ailleurs en ville, ça ne change pas grand-chose », se réconforte-t-il. « Je me sens bien ici avec les enfants », lance-t-il avant de réclamer le silence dans sa classe. Des élèves ont commencé à s’agiter, profitant de l’absence de l’instituteur.

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