Drame au Plateau : au moins 60 morts dans une bousculade

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Mise à jour 20 heures 15. On en sait un peu plus sur ce qui a déclenché la bousculade. Si l’on en croit les explications données par une autorité policière au Chef de l’Etat, dans un élément diffusé sur la télévision nationale au journal de 20 heures. Il en ressort que des troncs d’arbres qui jonchaient sur la route seraient à l’origine de ce drame. « Il n’y avait pas de lumière à cet endroit. Les gens ont trébuché» a indiqué l’officier de police au président Ouattara. Une bousculade, une débandade et des personnes qui suffoquaient. Vraisemblablement, la lenteur d’exécution par les services d’urgence a favorisé la multitude de victimes. « Il n’y avait pas encore de morts au moment de la bousculade. Mais les pompiers ont eu du mal a réagir. Il n’y avait pas de route » a précisé la responsable de la police, dont le nom n’a pas été indiqué dans la vidéo.

Comment a-t-on pu ne pas prévoir (en plus de la police et de la gendarmerie) des éléments des Sapeurs pompiers à cet endroit ? Comment a-t-on pu laisser des zones noires dans un Plateau devenu le symbole de «Abidjan ville des lumières » ? Voici autant de questions, auxquelles l’enquête commandée par Alassane Ouattara lui-même, devra répondre… rapidement.

Dans « Communiqué de la présidence » Alassane Ouattara a décrété « un deuil national de trois jours à compter du mercredi 2 janvier 2013″.

Mise à jour : 17 heures 00 GMT. 60 morts et 49 blessés. C’est le bilan officiel donné à la télévision par Hamed Bakayoko, ministre ivoirien de l’intérieur. C’est le résultat d’une « bousculade survenue dans la Commune du Plateau » à la fin du lancement des feux d’artifice (vers 1 heure du matin) » a indiqué la patron de la sécurité intérieure alors que selon des sources concordantes, le drame est survenu autour de  3 heures le matin.

« Les circonstances précises de cet évènement tragique font l’objet d’enquête par les services de sécurité » a indiqué Hamed Bakayoko en précisant que « le Président de la République s’est rendu sur les lieux et a donné des instructions afin que tous les moyens disponibles soient mobilisés ». Une cellule de crise à même été mise sur pied. Elle est installée « dans les locaux de l’Office National de la Protection Civile (ONPC) sis à la Riviera Golf 4, tel 22 47 87 03″ révèle le communiqué.

Sur les circonstances et ce qui a déclenché la bousculade, c’est encore le flou total. Selon des témoins, tout serait partie d’une bagarre qui a été déclenchée au niveau de la voie près du stade Houphouet Boigny et des locaux de l’Assemblée nationale. D’autres sources indiquent qu’il s’agirait d’une course poursuite entre policier et voleur. Rien n’est confirmé. Rien n’est prouvé. Pourtant ce qui se rapproche c’est qu’un trou ouvert sur un terrain en chantier a occasionné la plupart des morts.

1 er janvier 2013 – 11 heures 02 : Une soixantaine de morts et des centaines de blessés. 200, voire 300. Les chiffres sont encore approximatifs. Normal. Le bilan est encore provisoire. Mais le fait est réel. « Il y a eu une énorme bousculade ce matin au plateau » confirme une source au District d’Abidjan. Le district d’Abidjan a organisé un feu d’artifice suivi d’un réveillon au Plateau (centre des affaires). Des milliers de personnes étaient venues de différentes communes de la capitale économique pour non seulement voir les lumières du Plateau, mais aussi contempler les feux d’artifices de minuit et faire la fête par suite » ajoute consternée notre source.

«On ne sait pas exactement ce qui a été à l’origine de cette bousculade », confie un commandant de la base maritime de Treichville (un quartier non loin du drame) joint par téléphone.

«Immédiatement informé, le gouverneur du district d’Abidjan s’est rendu sur les lieux du drame, et donné des instructions au commissaire du premier arrondissement de police du Plateau pour évacuer les blessés au CHU de Cocody et les morts à Ivosep à Treichville et à la morgue » rapporte un journaliste ivoirien. L’Agence ivoirienne de presse (AIP) témoigne et parle de « parents de victimes rencontrés ne savent à quel saints se vouer » .

« Mamadou Sanogo, venu d’Abobo, est à la recherche de son fils Sayed, neuf ans, porté disparu. « Je viens de voir tous les corps, mais je ne retrouve pas mon fils; je ne sais plus ce qu’il faut faire », déclare-t-il, en sanglots. Au commissariat du 1er arrondissement et aux alentours du stade Houphouët-Boigny, des parents désemparés continuent d’affluer afin d’avoir des renseignements sur ce drame.

Un drame de trop, des morts en trop !

« On prendra les mesures nécessaires pour ne plus que ce genre de drame se reproduise ». Vous entendrez à coup sûr dans les heures ou les jours qui viennent ce genre de déclaration de la bouche des autorités ivoiriennes.

Mais pourquoi faut-il toujours attendre que des gens meurent avant de se rendre compte qu’il faut prendre des dispositions ? 29 mars 2009. Bousculade au stade Houphouet Boigny. 19 morts et près de 132 blessés.   Plus de personnes que de place disponibles. Vendredi 5 Aout 2011, drame du bus 19.  Trop de personnes à bord du Bus qui plonge dans la lagune. D’ailleurs on attend toujours les conlusions de ce drame. 26 décembre 2012, une pirogue chavire. 24 morts.

Et voilà que débute l’année 2013 sur une note noire. Encore des familles endeuillées. Ce drame aurait-il pu être évité ? L’enquête nous le dira certainement. Si enquête, il y a. Pour l’heure, nous pleurons nos morts. Des morts de trop.

Crédit photo : abidjan.net

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