Bienvenue à Tanou Sakassou, village de potiers

Tanou-Sakassou. Je suis sûr que ce nom ne vous dit pas grand-chose. Et c’était mon cas jusqu’à mon récent voyage à Bouaké, dans la région de Gbêkê. J’y suis allé pour découvrir les poteries qui font de ce village, un endroit particulier. Reportage.

10 minutes ! C’est le temps qu’il nous faut pour arriver à ce petit village paisible, situé à une dizaine de kilomètres de Bouaké (dans le centre de la Côte d’Ivoire). Ce dimanche matin, la petite cité est calme. Pour la plupart, les villageois se sont rendus à l’église.

Seules quelques chèvres et quelques chiens installés dans le cimetière à l’entrée du village nous souhaitent la bienvenue. Il est un peu plus de 10 heures. Quelques enfants, torses nus, courent après le véhicule qui nous emmène. Reprenant maladroitement, l’air amusé, quelques mots en français qu’ils entendent de notre bouche.

Du haut des grands arbres, quelques oiseaux chantent à gorge déployée. L’air pur de cette cité est parfois envahi par quelques fumées qui proviennent des foyers de cuisson à base d’argile.  Depuis leurs cases, quelques vielles femmes n’hésitent pas à nous lancer des sourires, heureuses de voir ces envahisseurs d’un jour.

Notre convoi s’ébranle devant une grande maison éclairée par les rayons du soleil. «Soyez les bienvenues ! » lance Yao Koffi Julien, potier et propriétaire des lieux. « Ici nous sommes dans la salle d’exposition » indique t-il. C’est dans cet endroit que sont entreposés tous les produits des potiers du village. Un endroit magique qui selon Julien, est bien méconnu du peuple ivoirien.

Processus de fabrication

Le potier refuse de donner un délai quant à la fabrication. « Je suis patient, car je veux que ce que je produits soit apprécié par le client » se défend ce père de 7 enfants. Et on le comprend. Surtout quand il explique le long processus de fabrication des différents vase en argile.

Pendant longtemps, les plus gros clients de ces potiers sont restés les forces étrangères (Onuci et Licorne) installées dans la zone de Bouaké à la faveur de la crise ivoirienne. « Mais depuis qu’ils sont partis, notre chiffre d’affaire a baissé », regrette Yao Koffi Julien. « Il revient aux Ivoiriens de prendre le relais en s’intéressant à ce que nous faisons » espère t-il de tout cœur.






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