Atelier Radio. Fabriquer un enrobé

10 participants bravant ce samedi pluvieux pour prendre part à l’atelier radio sur la « fabrication d’un enrobé ». C’était le 14 mai 2016 au siège de Altermédias (Agence de presse et de production digitale) au Plateau.  Au programme, 6 étapes pour emmener les participants à bien cerner la notion d’Enrobé et à en saisir la composition.

1- Composition.

Le site 24 heures dans une rédaction explique bien la notion. C’est un « texte enregistré avec un ou plusieurs sons. Le texte enrobé le son, d’où le nom d’enrobé. Les Anglais l’appellent package, pour eux, c’est le vrai reportage, report ». Il est bien de savoir qu’il y a plusieurs formes d’enrobés : « du simple avec un son, aux plus complexes avec plusieurs sons, des ambiances. C’est le reportage vivant ».

Avant de parler de composition, il y a néanmoins un petit lexique à avoir.

Un son sec : C’est un extrait d’interview. On l’appelle « son sec » parce qu’en général il n’est mêlé à aucun son d’ambiance.

Un Son d’ambiance : Non ! Ce n’est pas la musique qui vient « ambiancer »* votre reportage. Il s’agit plutôt des sons qui vous entourent. Sous d’autres cieux on l’appelle aussi « atmosphère ou atmo ». Le silence peut être un son d’ambiance, des bruits de klaxon, des éclats de voix, des applaudissements, les crépitements de la pluie etc…

Le commentaire : C’est la voix que le journaliste pose dans son reportage.

Pour composer un enrobé j’ai suggéré aux participants le schéma suivant (rien d’absolu. Mais c’est un basic pour leur permettre de faire leur premier pas). Nous sommes partis sur un enrobé d’une minute 30.

Son d’ambiance (5 secondes) – Commentaire (15  secondes) – Son sec (20 secondes) – Commentaire (15 secondes) – Son sec (15 secondes) – Commentaire/chute (15 secondes) – Son d’ambiance (5 secondes) = 1’30.

Ps : le son d’ambiance doit rester en fond sonore pendant tout le reportage pour donner une certaine cohérence à l’oreille de l’auditeur.

2- L’angle.

atelier radio tableau

Il faut faire la différence entre le Thème, le sujet et l’angle. L’angle est un point de vue. Au sens (presque) littéral du terme. C’est l’aspect sous lequel on souhaite aborder un sujet.

Par exemple, « le secteur du transport », sera le thème.  « Le transport lagunaire », peut être le sujet et « les pinasses une concurrence timide pour les bateaux bus, mais un mal nécessaire pour les usagers » peut être un angle.

NB : Bien entendu sur un sujet on peut trouver plusieurs angles, qui sont guidés par des critères tout aussi subjectifs les uns que les autres. C’est la raison pour laquelle 4 journalistes sur un même sujet peuvent se retrouver avec 4 angles différents.

3- Le Tournage.

C’est l’étape de la mise en boite de nos « éléments » (sonores). J’ai conseillé aux participants de prendre au moins 3 minutes de son d’ambiance. Ensuite de préparer leurs questions avant. Je leur ai déconseillé d’improviser.  Ne pas oublier de prendre avec soi un bloc note et de quoi à noter.

Astuce : Lorsque vous interviewez un « sujet » et qu’une phrase vous accroche, repérez le temps sur votre enregistreur. Cela vous permettra d’aller beaucoup plus vite lors du montage.

Pour les interviews, le reporter doit être ni timide (ou intimidé), ni arrogant. Toujours demander l’autorisation avant d’enregistrer quelqu’un. Il faut éviter les prises de son en cachette (sauf dans le cas d’enquête où cela s’avère vraiment nécessaire).

4- L’écriture.

Atelier radioC’est un exercice difficile. Car le journaliste doit raconter à l’auditeur ce qu’il a vu et faire en sorte que les sons soient logiquement insérés.

L’écriture radio est difficile parce qu’elle s’adresse à l’imaginaire de l’auditeur. Pas à son oreille; ce n’est qu’un canal. Le reporter doit, par le son et ses commentaires, faire ressortir les couleurs, décrire les personnages, rapporter les propos. De sorte qu’un non-voyant puisse revivre l’évènement ou la situation.

J’ai préconisé d’utiliser la forme « Sujet + Verbe + Complément ». Elle permet de rythmer et de dynamiser son texte.

NB : Une fois de retour à la rédaction, le reporter doit (en priorité) écrire lui-même son Lancement. Une sorte de chapeau (on dira introduction sous d’autres cieux) qui comporte les 5 questions essentielles. Ce « Lancement » sera lu à l’antenne par le présentateur (du journal par exemple) pour « lancer » le sujet.

5- Le montage.

[Il fera l’objet d’un atelier spécial] Les participants ont pour l’heure « coller » les sons les uns après les autres pour en faire une histoire qui a un début et une fin.

J’ai conseillé de monter en premier lieu les sons d’ambiance et les «sons secs». Ensuite, d’enregistrer sa voix (son commentaire) et de faire le montage final.

On en a eu pour au moins une heure à deux heures pour un montage d’une minute 30. Normal, c’est le début. Un Pro le fait en 20 ou 30 minutes. A tout casser.

6 – Une séance d’écoute et de critiques collectives à conclu la séance.

 C’est un exercice indispensable. Chaque reportage est écouté et critiqué par les autres en fonction de ce que j’ai expliqué en début d’atelier. Les critiques pour un sujet servent aussi pour les autres apprenants.

Ps : Prochain atelier « faire un bon flash radio »

*Dans le jargon populaire ivoirien « ambiancer » signifie mettre l’ambiance, mettre la bonne humeur.  Il est désormais dans le dictionnaire 






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