Asalfo : dans la vie digitale d’un artiste mondial

À la base, j’étais juste un « invité spécial » de la blogueuse Édith Brou pour la première édition de son talk-show « Édith reçoit ». J’étais là pour la soutenir. Je n’étais nullement attiré par la tête d’affiche. Traoré Salif (plus connu sous le nom d’Asalfo) était l’invité de ce talk-show du vendredi 28 juillet 2017. Mais, la soirée va prendre une tournure différente… dans ma tête en tout cas.  Débriefing d’une rencontre édifiante.

Dans la salle de l’espace Pulaarku Welly des 2 plateaux, il y a du beau monde. Plus de chaises vides. Au milieu des lumières tamisées et de la musique qui distille du Magic System, certains invités discutent entre eux, d’autres pianotent sur leurs smartphones…

Vers 19 heures 45, Édith Brou monte sur le podium dressé pour la circonstance. Quelques bouts de feuille en main, l’initiatrice et animatrice de la soirée annonce la star du soir. « Asalfo » !

Le lead du groupe Magic System entre presqu’en courant, drapé de son sourire qui ne le quitte presque jamais. Tee-shirt noir, pantalon jeans et chaussures en plastique communément appelé « Lêkê ».

Les trente minutes qui suivent vont tourner autour de la « vie digitale » de l’artiste.

Artiste connecté

Crédit photo : Abidjan.net

Tout part d’un BlackBerry et une adresse mail sur Wanadoo (fournisseur d’accès internet préhistorique😜). En France, Asalfo essuie des refus quand il sollicite des rendez-vous avec certaines entreprises ou des personnalités. Nous sommes une quinzaine d’années en arrière.

Et, par un concours de circonstances, il découvre la boite électronique. « Un instrument avec lequel tu peux envoyer un message à tout le monde. C’était génial ». Il teste. Envoie des mails. Encore des mails.  « J’ai reçu des réponses favorables, puis des rendez-vous. Et ça ne s’est plus arrêté », se souvient le « Gaou ».

Au fil des années, Asalfo va plus loin. Il met les pieds sur les réseaux sociaux. « À cette époque, c’était encore Hi5 et maintenant Facebook et Twitter ». Ce sont les deux réseaux sociaux sur lequels il communique le plus. « Je ne suis pas très souvent sur Instagram (…) et je fuis Snapchat. J’en ai peur », (se) confesse-t-il.

Pour Asalfo, le web offre une chance inouïe aux artistes d’avoir une voix propre. « À une époque, j’étais attaqué par les journalistes très solidaires. Je n’avais pas la possibilité de faire le tour des rédactions pour apporter un démenti. Les réseaux sociaux m’offraient cette chance de répondre en même temps aux journalistes et parler au grand public », témoigne-t-il. « C’est un couteau à double tranchant, mais les artistes devraient l’utiliser pour promouvoir leur talent plutôt que se lancer dans les clashes », conseille le « Magicien ».

Aujourd’hui, 4 pages Facebook. Reparties entre sa communication personnelle et sa communication professionnelle. « Sur la Page officielle de Magic System, ce sont 25 administrateurs qui y travaillent », revèle l’enfant d’Anoumabo.

Préjugé effondré

Au fur et à mesure que Salif parle, j’écarquille les yeux et j’ouvre mes oreilles. Je découvre une autre personne. Loin de l’image de « la grosse tête » fermé, antipathique et méprisant. C’est un Asalfo posé, percutant dans ses réponses avec de la répartie, subtile, humble et drôle.

Et puis, vers la fin, une surprise l’attend. J’entonne « Joyeux anniversaire » en Zouglou. L’improvisation, c’est son métier. Asalfo reprend, embellit et fait lever la salle.

21 heures 50. Le spectacle est fini. Je me retrouve avec Asalfo dans une salle transformée en loge pour la circonstance. Je lui montre ce que je m’apprête à publier sur Twitter. Il rigole. « Le bon hashtag c’est #MagicTour20Ans », rectifie-t-il.

Nos discussions tournent autour de la préparation du lancement de leur tournée pour célébrer les 20 ans de carrière de Magic System. « Le 5 (août) est déjà bouclé. Le 6 est en train de se remplir. Le 7, nous serons au Palais de la culture », m’explique-t-il en vérifiant avec les membres de son staff que la gestion du parking extérieur est réglée. « J’irai vérifier moi-même », prévient-il.

Postscriptum : paroles d’Asalfo.

« On ne peut pas se mettre à la fenêtre et se voir en train de passer. L’avis des trois autres membres comptent avant une publication au nom du groupe. Ça permet de limiter les faux pas »

« Entre le peu et le trop demeure la mesure »

« Les ivoiriens utilisent Facebook parfois à mauvais escient. Certains préfèrent filmer quelqu’un en train de mourir, juste pour l’exclusivité »

« Aux jeunes artistes qui débutent leur carrière, (…) il faut qu’ils fassent le maximum pour avoir une page (Facebook) saine et sobre »

« Quand on voit que la vidéo ‘Magic in The air’ à 150 millions de vues, on se dit que si YouTube existait au temps de Premier Gaou, on aurait fait mieux »

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