Aéroport de Niamey : un avion de Air Côte d’Ivoire immobilisé sur le tarmac

Les règles de sécurité aéroportuaire et d’aviation sont strictes. En principe, elles s’appliquent à tous les pays du monde. A la vérité, tous les aéroports n’ont pas la même perception de ces règles.  Les voyageurs Niamey-Abidjan de ce lundi 1er décembre 2014 peuvent en témoigner. Ils ont vécu une scène surréaliste et rare sur le tarmac d’un aéroport. Alors que leur avion se préparait à décoller, il a été stoppé. L’équipage sommé de descendre.

Le vol HF0741 embarque à son bord les voyageurs au départ de Niamey pour Abidjan. Il est 19 heures 26 (GMT+1). L’avion de la compagnie Air Côte d’Ivoire a déjà deux heures de retard. Les passagers irrités (certains ont attendu à l’aéroport depuis midi), prennent place à bord du « Bombardier Q400 NextGen». Les bagages sont installés dans les bacs et sous les sièges. Dans les hauts parleurs, l’une des hôtesses annonce le départ imminent de l’appareil. La petite porte de l’engin se ferme. Les moteurs sont allumés. Les deux hélices se mettent à tourner de plus en plus vite. Les consignes de sécurités sont données. « Mesdames et messieurs veuillez redressez votre siège, rangez votre tablette et vérifiez que votre ceinture est bien attachée ». Les Stewards en profitent pour faire les démonstrations « en cas d’urgence ».

aeroport niamey10 minutes que tournent les moteurs. Mais l’avion ne bouge pas. « Ding dong ». La « Chef de cabine » décroche le téléphone à l’avant de l’appareil. Les passagers ne peuvent pas entendre ce qu’elle dit. Pourtant, ils sentent sur son visage que quelque chose cloche. Elle fronce les sourcils. Son air devient sérieux. Entre la colère et l’agacement. Elle raccroche puis tire sur la poignée d’ouverture de la porte. Les moteurs s’éteignent. Les hélices ralentissent. « Mesdames et messieurs, notre vol est retardé. Les autorités aéroportuaires demandent à voir l’équipage » annonce l’hôtesse de l’air d’une voix qui cache mal son mécontentement. Le « commandant de bord », un Européen, sort du cockpit en premier suivi de deux autres membres d’équipage, en direction du tarmac.

Dans l’avion les commentaires vont bon train. Des scénarios plausibles aux scènes de sciences fictions. « L’avion a peut-être des problèmes de papiers » lance quelqu’un. « Ça peut arriver » renchérit son voisin. « Il y a peut-être un terroriste à bord » chuchote une dame. Ça ne fait rire personne. Elle se résigne à ne pas poursuivre son hypothèse. « L’avion est peut être pris en otage. Qui sait ? » s’interroge quelqu’un d’autre à l’arrière de la cabine. Personne ne sait vraiment ce qui se passe. Deux des hôtesses(se) murmurent des choses à l’oreille avec de grands gestes qu’elles ont du mal à contenir.

un quinzaine de minutes plus tard, l’équipage revient…. avec un nouveau passager. Un jeune homme frêle, sac à dos, chemise jaune, pantalon jean bleu et une paire de basket. Il baisse les yeux pour éviter les regards et les injures des passagers. « C’est à cause de lui qu’on a bloqué un avion ? » s’indigne un des voyageurs. « C’est le fils d’une personnalité » croit savoir quelqu’un avec un fort accent local. « Même un fils de président, on s’en fout. Il faut respecter les gens » rétorque en colère un homme âgé en ajoutant : « voici pourquoi je suis convaincu que l’Afrique ne sera jamais développée ». Le nouveau passager est conduit au fond sur les derniers sièges de l’appareil.

Les moteurs se remettent en route. Les hélices aussi. La porte est de nouveau fermée. « Mesdames et messieurs, cette fois nous allons vraiment décoller » annonce l’hôtesse avec un sourire à demi-teinte entre le soulagement et le dégoût.

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