Abidjan 2017 : vers les 8e Jeux de la … Cacophonie ?

À 10 mois des 8e jeux de la Francophonie, rien n’est prêt. Ni les infrastructures, ni les bénévoles, encore moins la communication. L’arrivée du nouveau ministre/gouverneur en charge des Jeux de la Francophonie n’a pas accéléré les choses. Et, dernière décision prise ce jeudi 25 août 2016, toutes les commissions ont été dissoutes. « Pour tout remettre à plat », dit-on. Après 2 années. 2 ans de latence, de disputes et de batailles de leadership interne. 2 ans de mensonges et de fausses promesses. 2 ans pourtant, pendant lesquels, les membres des commissions ont soumis leur plan de travail. Mais, rien n’a avancé. Rien n’avance.

Par exemple, la commission communication. Depuis le début de l’année 2015, le « Magazine des Jeux » devait être édité. Après moult reports, il n’est toujours pas prêt. Tout comme le recrutement des bénévoles, l’alimentation du site internet et la chanson des jeux.

Un premier directeur général de Commission nationale des Jeux de Francophonie (CNJF) a été relevé de ses fonctions et remplacé par un autre. Rien n’a avancé. Rien n’avance. Les réunions interminables, avec leur corolaire de fausses promesses, n’ont rien arrangé. Au contraire, à leurs doléances, la CNJF a toujours répondu par l’arrogance et le mépris.

Dernier acte fort : le limogeage du Président de la commission des Concours Culturels et activités de Développement. L’un des maillons essentiels du dispositif, à 10 mois desdits jeux. Jacob Bleu est par ailleurs le porte-parole des commissions. C’est lui qui porte les revendications devant la CNJF. Son départ est sans doute la preuve que, dans cette préparation des 8e Jeux de la Francophonie, se cache une mafia avec comme seule devise : « Gagner de l’argent ».

Je ne parlerai pas des sommes astronomiques enfouies dans le fonctionnement du siège. Lequel siège qui a changé de lieu à deux reprises. Situé aujourd’hui en plein cœur de Cocody, c’est une pléthore d’employés qui y travaillent. Les salaires sont parfois surprenants.

Les contrats verbaux pour des commissions sacrifiées

reunion CNJF

Les membres des différentes commissions sont aujourd’hui limogés sans avoir été réellement employés. Le combat de ces deux dernières années a été surtout d’arriver à faire signer un contrat avec chaque membre des commissions afin qu’un statut leur soit reconnu. Pour pallier à  un éventuel « changement de régime » au sein de l’organigramme des instances locales des Jeux de la Francophonie. Les membres des commissions ont toujours été rassurés que le « dossier est sur la table du Premier ministre Kablan Duncan ».

Comme technique d’appel, des salaires arrimés aux standard internationaux. 1,5 million pour les présidents de commission, 1,2 million pour les coordonnateurs, 450 mille pour les autres membres de la commission. La direction du CNJF est parvenue à « recruter » des dinosaures du monde de la culture, des médias et de la communication. Jouant sur leur fibre patriotique et les rassurant que les contrats étaient « en cours ». Pour montrer leur bonne foi, certains prestataires ont avancé dans des travaux. Des prestataires à qui on a mis la pression et à qui on demande aujourd’hui de faire preuve de sacrifice.

Pendant ces deux dernières années, aucun organigramme précis et fixe n’a été validé. De nouveaux postes sont créés au fil des mois. Des personnes viennent et partent. Certains ministères impliqués dans l’organisation veulent « positionner leurs gars ».

La réunion de ce jeudi 25 août 2016 sonne, à mon sens, comme un aveu d’échec moins d’un an avant le début des jeux de la Francophonie.

Deux grandes décisions en sont ressorties :

  • Le Directeur général du CNJF devra procéder au paiement des indemnités (de janvier à août 2016) aux présidents, vice-présidents, coordonnateurs techniques avec les montants prévus. Lesquels montants ont été réduit de 50 voire 70% dans certains cas. Quant aux autres membres des commissions, avec qui « des documents » ont été signés, il faudra leur payer les indemnités. Ceux qui n’ont rien signé, n’auront que leurs yeux pour pleurer.
  • Toutes les commissions sont dissoutes pour être « réorganisées ». Une sorte de remaniement pour « tout mettre à plat ». Par ailleurs, « tous ceux qui ont apporté leur compétence, qui ont compris l’exigence des jeux, et ont montré leur patriotisme avéré, pourrait être rappelés ». Tels sont les critères indiqués pour le repêchage.

L’horizon ne présage rien de rassurant pour ces 8e jeux de la francophonie dont l’équipe chargée de l’organisation a navigué entre manque de vision, absence de pragmatisme et avec des détournements de fonds (l’audit le révèlera certainement). Le Comité international le sait. Le premier ministre le sait. Les ministres impliqués dans l’organisation le savent. L’organisation de ces jeux est un bel écho de cacophonie.

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