A la lecture des élections aux Etats-Unis : L’Abstention des électeurs !

Ce post est le deuxième d’une série mise en ligne  à la faveur des Élections présidentielles américaines. (Lire le premier post)Un processus long, complexe et parfois difficile à comprendre. J’ai donc ressorti mon livre « L’élection Présidentielle aux États-Unis » de Nelson Polsby et Aaron Wilavsky.  Chaque jour donc jusqu’au Jour-J, je vous livre quelques portions de ce livre. Regardons de plus près pourquoi le taux d’abstention est aussi élevé aux Etats-Unis. Bien sûr en comparaison avec les démocraties européennes. Extrait.

En 1996, plus de 96 millions d’Américains ont participé au scrutin présidentiel. Des millions d’autres qui étaient en âge de voter – soit plus de 100 millions en 1996 – se sont abstenus. Partis politiques et candidats sont tributaires du taux de participations. Aussi leur importe t-il de savoir pourquoi certains électeurs sont allés aux urnes et d’autres non. Les Américains diffèrent à deux égards des citoyens des autres démocraties. Ils sont proportionnellement moins nombreux à participer aux divers scrutins électoraux, mais collectivement ils votent beaucoup plus souvent que toute autre nation et sur des sujets plus nombreux. Le comportement électoral des citoyens est l’une des activités politiques les plus sérieusement et attentivement étudiées. Qui vote ? Qui s’abstient ? Quelles sont les motivations des uns et des autres ? (..)

Le scrutins sont nombreux aux États-Unis. Ils concernent non seulement l’élection du président, mais aussi celles des membres du Congrès, des collectivités locales et des assemblées des Etats. On connait la tiédeur avec laquelle les Américains participent  à ces scrutins, surtout si on compare leur comportement à ce qui se passe dans la plupart des pays démocratiques.  (…)

Dans de nombreux cas, notamment au  Royaume-Uni, le scrutin législatif exige une seule et unique chose de l’électeur : qu’il coche une case sur son bulletin de vote, et ce afin d’élire un député qui remplira à peu près les mêmes fonctions qu’un membre de la Chambre des représentants. Dans ces pays , la question de savoir qui va diriger le gouvernement dépend du nombre de candidats de chaque parti élus au parlement (le Royaume-Uni compte plus de 600 circonscriptions), si bien que la plupart des électeurs votent pour un parti sans ce soucier de l’identité du candidat figurant sur leur bulletin de vote.

Les bulletins utilisés aux États-Unis lors des scrutins présidentiels sont plus longs et plus complexes : ils permettent de voter pour le président, le vice-président, les membres de la chambre des représentants, les Sénateurs (renouveler par tiers tous les deux ans), sans parler de l’élection à divers postes de responsabilité au niveau de l’Etat ou au niveau local, ou des propositions soumises à référendum populaire, etc. Voter aux États-Unis exige donc des électeurs qu’ils soient bien informés. En règle générale, les Américains répugnent à consacrer beaucoup de temps et d’énergie à se renseigner sur tous les choix qu’on leur demande de faire.

Mais le fait est que les électeurs américains participent avec plus de conscience civique aux scrutins présidentiels qu’aux élections qui ont lieu les années sans course à la présidence. Cela signifie que la complexité des scrutins présidentiels n’est pas, à l’évidence, ce qui dissuade les gens de voter. Bien au contraire, le surcroît de publicité qui entoure l’élection présidentielle a pour effet visible de favoriser la participation (…)

L’une des explications les plus courantes du faible taux de participation enregistré aux États-Unis (faibles par rapport aux autres démocraties occidentales) consistes que les Américains éprouvent une désaffection peu commune pour la politique et s’abstenir de voter est leur façon de manifester leur désapprobation et leur désintérêt. Les chercheurs se sont beaucoup penchés sur cette désaffection, mais ils ont montré qu’une telle explication était peu vraisemblable et à tout le moins incomplète (…)






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