6 leçons d’un premier voyage à Nairobi

Du 23 au 25 novembre 2015, j’ai été invité par la DW Akademie pour participer au Social Media Dialogue (Dialogue sur les Médias Sociaux, en français). Une rencontre entre « Expert des médias sociaux » en Afrique. Nous étions 12. De l’Ouganda, du Nigeria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Sénégal, du Burkina Faso, et du Kenya

Une rencontre de partage d’expériences et d’idées sur l’état des lieux mais aussi les usages des Médias Sociaux dans nos différents pays. Avec un focus sur l’impact de ces nouveaux médias sur la bonne gouvernance dans nos Etats africains.

C’était l’occasion pour moi de découvrir Nairobi pour la première fois. Mais aussi le Ihub. Cet espace communautaire où se rencontrent les compétences, les talents et les entrepreneurs. Un espace où prend forme le « Kenya de demain ».

Bref, de ce séjour  je (re)tire quelques leçons.

1- La langue n’est pas toujours une barrière quand on (le) veut.

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3 jours durant lesquels des francophones et des anglophones ont pu cohabiter. Oui, je l’avoue, chacun avec quelques notions de l’autre langue. Et les traducteurs (nous) ont aidé. Mais dans les ateliers, ou en dehors du séminaire, il a fallu s’entendre et se comprendre. Se découvrir. Harmoniser les points de vue. Débattre.

2- Les réalités sur l’évolution des médias sociaux sont les mêmes aux 4 points cardinaux du continent. Qu’on soit à Abidjan, ou à Nairobi, à  Lagos ou à Dakar, les populations sont confrontées aux mêmes réalités du terrain. Les mêmes problématiques. La seule différence est que les francophones vont  à leur rythme et les anglophones beaucoup plus vite.

4- Il y a des embouteillages dans tous les pays.

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Mais la discipline fait la différence. Dans les rues de la capitale kenyane, j’ai vu de longues files de voitures. Parfois sur plusieurs kilomètres. Mais aucune interruption de la circulation. Les voitures avancent. Lentement, mais elles avancent tout de même. Le développement passe aussi par la discipline.

5- Le Président du Kenya, Uhuru Kenyata, défenseur de la communauté Tech du Kenya. Le Chef de l’Etat a inclu le numérique dans son dispositif de développement.

« Une fois, le Président n’était pas loin du Ihub,  et il est passé à l’improviste. Nous lui avons fait visiter les locaux et nous lui avons présenté un boitier qui est en construction. Une sorte de pocket qui peut prendre jusqu’à 4 cartes sim. Le boitier se charge de trouver la sim qui a la connexion la plus stable et vous connecte à internet. Le problème est que même si cet appareil est fabriqué sur place, les pièces sont importées et coûtent chères à cause des taxes. Séance tenante, le président a décidé de lever toutes les taxes. Aujourd’hui nous pouvons produire en quantité industrielle » raconte @NiNanjira, Office Manager au Ihub.

6- Les Sénégalais, c’est comme les Chinois. On en trouve partout.

Avec Mamadou Kolade, patron de "Le Palanka"

Avec Mamadou Kolade, patron de « Le Palanka »

Au coeur de Nairobi, j’ai fait la connaissance de Mamadou Kolade. Sénégalais d’origine. Il est le « Boss » de Le Palanka. Un restaurant avec comme slogan : « Fine African cuisine ». Si vous faites un tour au Kenya, n’hésitez pas à passer par là. On y trouve la nourriture de (presque) tous les pays d’Afrique. J’ai testé « l’alloco Choukouya ». C’est comme à Abidjan. Mamadou parle français, anglais, allemand, Wolof (forcément) Moré et Bambara. Il connait Abidjan, Dakar, Lagos, Conakry, Berlin, Paris etc… (+254 701 951 959 / contact@lepalanka-nairobi.com)

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6- Il y a des raisons de croire en l’Afrique de demain.

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Peut être que celle d’aujourd’hui présente un mauvais visage, mais au regard des idées partagées et des actions entreprises par ces personnes rencontrées, je me dis « Oui, il y a de l’espoir ». Au moins pour nos enfants et pour les enfants de nos enfants. Il y a ces jeunes qui travaillent (en silence) à faire bouger les lignes et à impacter positivement leurs communautés. Les gouvernants en sont conscients. Et ils savent (au fond d’eux) que l’avenir de nos pays est (aussi) au bout … de nos doigts.

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