4 attitudes à avoir pour un entrepreneur débutant

On m’a demandé d’animer la conférence d’ouverture de la 3e édition des Startup weekend à Abidjan qui s’est tenue les 14, 15 et 16 novembre 2013. Sur la base de ma jeune expérience d’entrepreneur, j’ai choisi de « donner des conseils » à ceux qui débutent ou à ceux qui ont envie de débuter. Pourquoi eux ? Eh bien, j’estime ne pas avoir encore l’expérience nécessaire pour m’adresser à des entrepreneurs expérimentés.

Donc comme sujet, j’ai proposé « les 4 attitudes d’un entrepreneur débutant ».

Pourquoi ce thème ? De ce que j’ai pu observer en Côte d’Ivoire, et dans certains pays d’Afrique francophone,  bien de ceux qui commencent,  perdent de vue le fait qu’ils sont débutants. Après quelques mois d’activités, ils se considèrent comme des businessmen aguerris. Alignant erreurs sur erreurs et avortant du coup des ambitions entrepreneuriales. Je reste convaincu que les expériences (les bonnes comme les pires) nous forment et nous forgent. Mais il faut savoir partir du bon pied.

J’ai choisi de partir d’une citation que j’aime beaucoup. Celle de l’Ecclésiaste : « Jette ton pain à la surface des eaux. Avec le temps, tu le retrouveras… (Ecclésiaste 11 : 1) ». Quatre idées  se dégagent de ce conseil. (Elles n’engagent que moi et sont donc non universelles)

1.    Agir.

Dans la citation, tout commence par le verbe « Jeter ». Dans sa définition classique, il signifie « Lancer quelque chose avec la main » ou « Se précipiter sur quelque chose »… Par exemple, on dira « Se jeter à l’eau »… C’est cet aspect des choses que j’ai retenu.  Jeter est un verbe d’action. Tout le processus est mis en œuvre par une action. Bien de jeunes se contentent de faire des prévisions ou des projections et n’en reste qu’à ce stade. « Je ferai ceci, je ferai cela ».  Les pires, ce sont « J’aurais pu faire ceci ou cela ». Il faut sortir des bavardages. Il faut commencer à agir. Même si c’est un petit pas. Démarches administratives, mise en place de votre identité numérique, Prospection. Bref, ne restez pas inactif.

Avant de lancer notre entreprise E-Voir, nos premières actions ont été la création de l’entreprise (compte contribuable, registre de commerce, compte bancaire etc…), un mois de teasing et la mise en ligne de notre site web qui présentait les services qu’on propose. Nous avions commencé quelque chose. La conquête de la lune a commencé par un premier petit pas. Il vous faut faire ce pas. Aussi infime soit-il.

2.    Avoir son « peu » ou son « pain » en main

painLa deuxième idée est matérialisée par « Le Pain ». Jeter son pain, c’est avoir  soi-même quelque chose « en main », en termes de compétences ou de ressources (humaines, matérielles ou financières). Bon nombre d’entrepreneurs débutants, viennent à demander de l’aide (à un parent, une institution financière ou à l’Etat) sans apporter eux-mêmes le minimum.  Pour se faire aider, il faut apporter son pain. Son peu.

Je conseille, à la limite, de commencer avec le peu qu’on a. On apprendra à gérer en fonction. De sorte que lorsqu’on commencera à faire des bénéfices, on n’aura pas de problèmes de gestion. Si vous avez du mal à gérer 100 000 francs CFA, il vous sera difficile de vous contenir avec 10 millions.

Au début de mon expérience, ma team et moi avions un ordinateur pour 6 personnes. Nous travaillions dans le garage de mon père. Sans grands moyens, notre ordinateur était notre seul outil de travail et notre source de revenu. La journée était divisée en 6. Le développeur travaillait la nuit et les autres membres de l’équipe se ‘‘disputaient’’ la journée en fonction des  tâches et des urgences. Jusqu’à commencer à répondre à des commandes de clients pour arriver à 2, 3, 4, 5 puis 6 ordinateurs pour 6 personnes. Nous sommes passés du garage à un studio. Puis, du studio à un « 4 pièces ». Commencez avec le peu et regardez vous grandir. Votre gestion du matériel et des ressources sera meilleure.

3.    Se faire connaître.

Jeter donc votre pain à la « Surface des eaux » (De grâce, pas n’importe quelle eau). La troisième idée révélée par la surface des eaux est celle du partage. Un entrepreneur débutant doit (dé)montrer ce qu’il sait faire. Il doit s’incruster partout. Il doit partager avec son entourage ce qu’il connait. En le faisant, il se fait « vendre » non au sens pécuniaire du terme, mais au sens marketing. L’erreur est de rester dans son coin, en étant convaincu d’être le meilleur (et le seul) dans le domaine. Il faut rencontrer du monde.

J’ai été agréablement marqué par un jeune ivoirien qui m’a proposé de me faire une application mobile gratuitement. Je ne le connaissais pas. Il venait de rentrer en Côte d’Ivoire après des études à l’étranger. J’ai trouvé la démarche intéressante. En une semaine, l’application était prête. Elle était impeccable. Aujourd’hui, c’est le seul que je recommande lorsque j’ai des commandes de clients dans ce sens.

En partageant ses connaissances avec moi, il a montré ce qu’il savait faire et s’est ouvert d’autres portes. Ne vous cachez pas !

4. Prendre son temps.

le tempsLa dernière idée est essentielle et est une denrée rare de nos jours. Le temps : « Avec le temps tu le retrouveras ». Prendre son temps, ce n’est pas perdre du temps. Il s’agit ici d’avoir de la patience. Voici ce qui nous manque à nous, jeunes entrepreneurs. Pour la plupart,  nous nous attendons à ce que les bénéfices de notre activité arrivent dans l’immédiat. On se voit déjà millionnaire quelques mois après le lancement de notre business. Pourquoi pas ? Et lorsque, les mois et les années passent sans que les choses ne se déroulent comme on l’espérait, soit on baisse les bras, soit on trouve des voies illégales. Il faut sortir du guichet automatique. Un aîné me disait : « Il faut penser et préparer le long terme ».

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